Rapport d’enquête effectué dans différents camps des PDI en province du Nord-Kivu

En date du 18 Mars 2024, l’équipe de Integrated Community Development Initiatives (ICDI) asbl, a effectué une enquête dans différents camps des personnes déplacées internes à Goma/ Nord-Kivu.

Nous avons eu à enquêter les camps suivants :

1. Camp de personnes déplacées internes de RWASAMA

Dans ce camp, les femmes traversent beaucoup des difficultés, elles vivent dans des conditions inhumaines.

La première femme que j’ai enquêtée, en la regardant en face, je croyais échanger avec une femme d’une quarantaine d’âge alors qu’en réalité c’est une jeune femme de 24 ans, mariée et mère de 5 enfants. Elle s’appelle JOSEPHINE RUKUNDO et est originaire de Nyamirima en territoire de Rutshuru. Elle vient de passer deux ans déjà dans le Camp.

La première difficulté qu’elle a relevée est le manque de Kits de dignité pour la femme. Cela est un problème général pour toutes les femmes déplacées du camp de Rwasama.

Elle continua en me disant que, par manque des bandes hygiéniques, elle utilise un morceau d’une bâche pendant ses règles ou période menstruelle.

Les femmes déplacées du camp de Rwasama n’ont pas accès à l’eau. Elles sont exposées aux infections sexuellement transmissibles. Il se pose aussi, un sérieux problème de famine.

Une autre femme que j’ai rencontrée c’est JEANINE DUSABE âgée de 44 ans.  Originaire de Buramba en territoire de Rutshuru, elle vient de passer 2 ans déjà dans le camp. Par manque des morceaux de bois ou de la braise, elle utilise parfois, des papiers qu’elle tire de cahiers pour préparer la nourriture dehors devant sa petite bâche. Elle m’a dit que par manque du bois de chauffage et par crainte d’être violée, elle éprouve la peur d’aller chercher les bois en brousse car les femmes y sont souvent victimes des violences sexuelles et d’autres agressions. Et le dernier cas saillant est celui de sa voisine qui a été violée par des hommes inconnus dans la brousse à la recherché des bois.

Il y a des cas des violences conjugales signalés dans ce camp de Rwasama ou plusieurs femmes sont maltraitées et battues par leurs maris.

Les femmes déplacées de Rwasama ne bénéficient d’aucune prise en charge médicale, ce qu’est un sérieux problème pour les femmes enceintes et allaitantes.

Les femmes déplacées sont exposées à la débauche et prostitution et pendant, une femme me l’a confirmée ; SIFA DUSHIME 32 ans, originaire de Nyamilima en territoire de RUTSHURU, avec 2 ans d’ancienneté dans le Camp. Elle parle je cite : ‘’elle a une boutique qui ne tombe pas en faillite due à son corps’’. Elle est   obligée de se livrer aux hommes (prostitution) pour faire nourrir ses trois enfants abandonnés par leur papa depuis plus d’une année déjà.

En conclusion les femmes dans le camp, les femmes font face à une multitude de problématique d’où une aide d’urgence.

2. Camp des personnes déplacées internes de BULENGO dans le quartier Lac Vert dans la ville de Goma :

Ici, survivre est une lutte quotidienne, la situation humanitaire est très chaotique et la femme est plus victime dans cet environnement. Le camp est surpeuplé, l’accès à la nourriture, l’eau, il y a famine, insuffisance des toilettes, manque d’eau potable, manque de kits de dignités pour les femmes, etc.

Une femme répondant au nom de MAUWA, originaire de MASISI et âgée de 43 ans m’a fait visiter dans sa petite bâche, elle a 9 enfants dont une fille de 16ans et un garçon de 15ans et tous dorment ensemble. Et quand son mari a besoin d’elle c’est impossible de faire l’amour pendant que les enfants sont là, alors sous la colère, le mari quitte la maison très fâché pour revenir deux ou trois jours après.

Les femmes sont aussi victimes des violences sexuelles dans le camp de Bulengo, plusieurs cas nous ont été relatés, c’est le cas d’une femme de 36 ans violée par deux hommes très tôt le matin à la recherche de l’eau  pour sa famille vers le lac Kivu, pendant qu’ elle était enceinte de 2 mois, elle a risqué de perdre sa grossesse, mais heureusement, elle a eu des soins à l’hôpital, malheureusement son mari l’a abandonnée  juste après, soi-disant qu’ il ne peut plus rester ni cohabiter avec une femme déjà violée.

Les femmes déplacées de camp de Bulengo éprouvent des difficultés d’accéder aux jetons pour bénéficier les vivres et non vivres dans ce camp. 

3. Camp des personnes déplacées internes de LUSHAGALA à Mugunga dans la ville de Goma : 

Dans ce camp, les femmes ont des difficultés notamment l’accès à l’eau potable, la famine et l’insécurité causée par des hommes en tenues militaires et armées.

Une femme âgée de plus de 60 ans ; SUZANE originaire de MWESO en territoire de Masisi vit seule difficilement depuis plus d’une année dans ce camp de Lushagala. Dépassée par les évènements malheureux, elle ne demande rien que la paix dans notre pays pour retourner à Mweso, son village natal. Les femmes demandent aussi la nourriture, les soins médicaux et les kits des bandes hygiéniques.

4. Camp de KIISI Bassin du CONGO dans NYIRAGONGO :

les femmes enceintes rencontrent des difficultés pour accéder aux soins de santé ainsi que la famine et l’insécurité.

Une femme en plein travail a fait plus de trois kilomètres pour arriver à l’hôpital ou elle devrait accoucher gratuitement. Elle n’avait rien sur elle-même comme kits d’accouchement. Mais, grâce à Dieu, elle a eu son bébé, une jolie fille, mais qui n ‘avait même pas des habits.

Les femmes déplacées en général demandent qu’il y ait le retour de la paix dans la partie EST de la République Démocratique du Congo pour qu’elles retournent dans leurs milieux respectifs car elles vivent dans des conditions incertaines d’accéder aux biens de première nécessité, et cela exaspère leur situation de la vulnérabilité.

5. Camps de KANYARUCHINA Site de KAMUCHANGA en territoire de Nyiragongo :

Ici, survivre est une lutte quotidienne, la situation humanitaire est très chaotique et la femme est plus victime dans cet environnement. Le camp est surpeuplé, l’accès à la nourriture, l’eau, il y a famine, insuffisance des toilettes, manque d’eau potable, manque de kits de dignités pour les femmes, etc.

Une femme répondant au nom de MAUWA, originaire de MASISI et âgée de 43 ans m’a fait visiter dans sa petite bâche, elle a 9 enfants dont une fille de 16ans et un garçon de 15ans et tous dorment ensemble. Et quand son mari a besoin d’elle c’est impossible de faire l’amour pendant que les enfants sont là, alors sous la colère, le mari quitte la maison très fâché pour revenir deux ou trois jours après.

Les femmes sont aussi victimes des violences sexuelles dans le camp de Bulengo, plusieurs cas nous ont été relatés, c’est le cas d’une femme de 36 ans violée par deux hommes très tôt le matin à la recherche de l’eau  pour sa famille vers le lac Kivu, pendant qu’ elle était enceinte de 2 mois, elle a risqué de perdre sa grossesse, mais heureusement, elle a eu des soins à l’hôpital, malheureusement son mari l’a abandonnée  juste après, soi-disant qu’ il ne peut plus rester ni cohabiter avec une femme déjà violée.

Les femmes déplacées de camp de Bulengo éprouvent des difficultés d’accéder aux jetons pour bénéficier les vivres et non vivres dans ce camp.

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