Stratégies genre et bonne gouvernance
Bonne gouvernance et genre sont deux concepts qui, du point de vue intégration de la femme au sein des instances de prise de décisions et gestion du res publica, riment. De ce fait, il serait aberrant de vouloir les séparer à bon escient sans tenir compte du dysfonctionnement qu’ils pourraient générer par la suite au sein des institutions étatiques et para étatiques.
L’article 12 de la Loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux Finances publiques en République Démocratique du Congo dispose que la politique budgétaire est définie par le Gouvernement Central dans un programme approuvé par l’Assemblée nationale.
Le 2è alinéa du même article ajoute que ce programme du Gouvernement est mis en œuvre par le pouvoir central, la province et l’entité territoriale décentralisée (ETD).
Ce partage d’attributions à trois niveaux de pouvoir démontre une performance de la gouvernance. Néanmoins, pour qu’une gouvernance soit performante elle doit se caractériser essentiellement par
- La participation des populations (femmes et hommes) dans la prise des décisions ;
- L’accès à l’information et la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat ;
- La redevabilité des autorités à tous les niveaux vis-à-vis des populations ;
- Etc.
Principes du budget de la démocratie et de la bonne gouvernance
La Cohésion sociale
Le budget de la démocratie bien mis en œuvre, renforce ou crée un lien social. Il contribue à l’amélioration de la relation entre citoyens et gouvernement local. Il facilite la confiance entre les élus et les citoyens car les 2 parties s’engagent à œuvrer de manière collégiale pour la construction d’une entité où il fait beau vivre.
Le vote et la voix
La valeur délibérative du budget de la démocratie est un principe central. Pendant les rencontres, les choix des priorités et des délégués du budget de la démocratie se font au suffrage, selon le principe une personne une voix. Ici, il sied de rappeler qu’une fois la représentativité de femmes ne se fait pas sentir, il y aura toujours des décisions qui seront prises en leur défaveur puisqu’elles ne sont pas bien représentées dans les fora.
L’inclusion et la participation
Tous les acteurs participent au processus, mais un accent particulier est mis sur la participation des groupes les plus vulnérables comme les femmes et les jeunes. Pour que cette participation soit effective, trois facteurs doivent être pris en compte :
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- la représentation des différents groupes concernés,
- leur degré de participation qui doit être effective à toutes les étapes des deux cycles du budget et
- le contrôle du processus de décision qui doit être entre les mains des citoyens.
L’équité
Il s’agit d’assurer à tous les citoyens un accès équitable au processus de prise de décisions, aux ressources et aux services sociaux de base. Parallèlement, la possibilité doit être donnée à chaque groupe ou individu de participer en fonction de ses capacités et ses droits. Dans ce cadre, une attention particulière devra être accordée à la prise en compte de la dimension genre dans l’identification des priorités en matière d’investissements et dans l’allocation des ressources.
La redevabilité
La relation et le partenariat entre élu et citoyen ordinaire sont bâtis sur le principe mutuellement accepté que le premier a l’obligation de rendre compte de ses décisions au second, et que ce dernier a le droit de suivre et d’être informé sur les décisions prises par l’élu, mais également le devoir de participer pour aider l’élu à mieux s’acquitter de sa mission.
La durabilité
Même si le budget est élaboré sur une base annuelle, il est important, dans sa construction d’avoir une perspective à long terme en prenant en compte les besoins actuels et futurs en terme social, économique et environnemental.
L’efficacité
Le souci de l’efficacité doit guider l’action de l’entité concernée.
Dans cette perspective, l’entité concernée, en partenariat avec les organisations de la société civile doivent explorer ensemble toutes les opportunités de mobilisation des ressources qui seront utilisées pour satisfaire aux besoins prioritaires définis par les citoyens.
L’engagement civique
La réussite de budget de la démocratie dépend en grande partie de l’existence d’une relation de confiance mutuelle entre élu et citoyen ainsi que sur la solidarité, la coordination, la concertation et la mutualisation des rôles qui doivent exister entre tous les acteurs.
Au vu de ce qui précède, ICDI compte renforcer ses mécanismes d’accompagnement et d’appui aux stratégies genre et bonne gouvernance au sein des entités territoriales décentralisées. Ceci dans le but de concourir et d’asseoir une bonne gouvernance pour le développement endogène de la communauté entière.
