Contexte

C’est dans le contexte de crises politiques et économiques dans les pays de Grands lacs africains et plus particulièrement après analyse de la situation des conflits issus des guerres dans l’Est de la République Démocratique du Congo que ICDI fut initiée. La République Démocratique du Congo en général ainsi que les Provinces de l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri) en particulier, ont souvent fait les grands titres de presses tant au niveau national qu’international durant les conflits armés de ces dernières décennies.

Dans de nombreuses zones (surtout rurales), les populations sont encore victimes de grandes violences de la part des groupes armés et, dans certains cas, les éléments de la Police Nationale Congolaise, des Forces Armées de la République Démocratique du Congo et bien d’autres institutions publiques sont à la base des violations graves des droits des assujettis.

L’effectivité de l’autorité de l’État en vue de servir les intérêts de tous les congolais et de leur garantir une paix et un développement durable reste un défi à relever et dont la priorité est capitale. Cette crise a des conséquences fâcheuses sur la vie humaine (surtout celle de la femme et de l’enfant, de la jeunesse et d’autres groupes démunis et marginalisés).

A partir de 1996, la République Démocratique du Congo est victime des guerres à répétition dont les effets continuent à impacter les populations négativement, surtout celles de l’Est du pays. Ainsi on note, entre autres retombées, la destruction et la détérioration avancée des infrastructures d’utilité publique : scolaires, de l’administration publique, pénitentiaires, hospitalières, etc. Les massacres, les pillages des ressources naturelles (par des mouvements de rébellion étrangers), les viols, la transmission délibérée du VIH/ Sida et autres IST à la femme (souvent utilisée comme arme de guerre) et autres pandémies (le paludisme) et épidémies (Cholera, Ebola, Covid-19, …) ne font que décimer la population à une vitesse de croisière.

Les provinces du grand Kivu restent les plus touchées et c’est là que nous assistons effectivement à une dégradation du tissu socio-économique sans précédent, au déclenchement et à l’enracinement de fortes tensions interethniques, à la méconnaissance et à la violation grave des droits humains, au déplacement massif des populations à l’intérieur et vers l’extérieur de leur habitat naturel, etc. Et cela ne demeure toujours pas sans retombées incommensurables sur le plan démographique et socio-environnemental. Devant l’incapacité de l’Etat à pouvoir assumer ses responsabilités, toutes ces guerres n’ont fait qu’accentuer la vulnérabilité des citoyens congolais de l’Est du pays en les rendant directement victimes des violations graves de leurs droits et libertés fondamentales ; contrairement à ce qui est prévu et garanti par la constitution et les lois du pays.

Actuellement, le grand Kivu (Sud-Kivu, Nord-Kivu, Maniema) et l’Ituri comptent au total plus de 6,1 millions de déplacés internes et environs 520 120 réfugiés dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Parmi eux, figurant plus de veuves et plus d’enfants en situation de détresse ; des femmes dont les maris ont soit succombé à la ligne de front soit ont été froidement assassinés par les éléments des forces négatives, des orphelins dont l’un ou l’autre parent a succombé au VIH/ Sida ; des enfants abandonnés puisque marginalisés par la société puisque dits sorciers et enfants de « la rue », des bâtards, etc. L’exploitation et le trafic illicites des minerais par les forces non loyalistes vont jusqu’au sacrifice et perte en vies humaines dans les zones d’exploitation artisanale ; la mosaïque de la bananeraie et du manioc y faisant rage en y provoquant une crise alimentaire qui ne dit pas son nom. La malnutrition, l’exploitation abusive de la femme et de l’enfant dans des carrières minières ainsi que les travaux forcés pour des fins purement économiques constituent ainsi une véritable bombe à retardement et un frein pour le développement de l’ensemble d’habitants de la région. Le secteur agricole, de la nouvelle technologie et de la sécurité sociale ne sont pas épargnés et requièrent une attention toute particulière de la part du gouvernement pour une meilleure intégration des communautés locales dans la modernisation équilibrée.

L’avenir de la nation étant purement hypothéqué et par conséquent remis en cause puisque c’est la jeunesse qui demeure la cible de toutes ces péripéties politiques et politiciennes sous l’œil impuissant des autorités tant locales que nationales. Cet état de choses constitue une interpellation générale à toute personne et à toute  structure éprise de paix et d’esprit de développement à pouvoir envisager des mécanismes idoines de sortie de cette crise humanitaire qui risquerait d’avoir un impact négatif sur les vies des populations de toute la région des grands lacs, en particulier, de l’Afrique et pourquoi pas du monde entier, en général. La responsabilité du jeune congolais devient de plus en plus lourde devant son destin.

Malgré le progrès relativement positif de la part des organisations non -gouvernementales qui permet à la République Démocratique du Congo de faire route vers sa stabilisation de façon timide, la partie Est reste encore une zone d’extrême volatilité sécuritaire, mais aussi et surtout une entité à fortes tensions. Certaines zones plus que d’autres sont devenues de véritables niches d’insécurité où attaques, affrontements et autres incidents sécuritaires sont régulièrement rapportés avec des conséquences non moins graves en termes de protection civile.

Face aux tueries, enlèvements et autres atteintes graves à la dignité et droits de la personne humaine, de nombreuses personnes ne peuvent que fuir leurs terroirs comme pour se protéger alors que celles déjà forcées à se déplacer hésitent encore à y retourner.

Ce cadre de développement ne peut être que l’œuvre de l’engagement de toute la communauté congolaise qui suppose, de ce fait : « le dialogue, la concertation, la redevabilité et l’assiduité au travail mais aussi l’accompagnement de la part des autorités gouvernementales et autres ».

Considérant, par ailleurs, que les guerres à répétition dont la République Démocratique du Congo a été longtemps victime (depuis les années 1996 jusqu’à nos jours) ont causé préjudices aux institutions de la République et un bilan très négatif en termes des droits humains tels que :

  • L’enrôlement et l’utilisation des enfants dans des groupes armés ;
  • L’exploitation illégale de la femme, de l’enfant, de la jeune fille au sein des carrières minières pour des fins purement sexuelles et économiques, les pillages et les vols des biens des citoyens dans différents villages ou cités et agglomérations périurbaines, les mouvements des déplacements internes et externes des populations (déplacés de guerres et de catastrophes naturelles, les réfugiés), la paupérisation de masse (surtout la population rurale), la stigmatisation des minorités ethniques et personnes vivant avec handicap physique ou mentale, la dissolution de la famille et l’abandon de l’enfant, l’exode rural.

Vu la constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006 telle que modifiée et complétée à ce jour ;

Nous référant à la loi n° 004/2001 du 20 juillet 2001 portant dispositions générales applicables aux associations sans but lucratif et aux établissements d’utilité publique ;

Considérant la dégradation du contexte socio-économique au pays qui est à la base du dépérissement culturel et psychosocial des populations en République Démocratique du Congo de manière générale et du Grand Kivu en particulier ;

Au regard de graves violations des droits et libertés des personnes et surtout ceux des femmes et des enfants tant en milieux ruraux qu’urbains ;

Constatant que ce qui précède est à la base de plus de vulnérabilité et déplacement massif de nombreuses populations jeunes de la campagne vers la ville ;

Attendu que dans pareilles circonstances, les populations rurales sont victimes de l’insécurité alimentaire, n’ayant pas accès aux services de santé appropriés, à l’éducation et d’autres besoins primaires ;

Considérant que le développement reste le nouveau nom de la paix, étant bien plus convaincus que le développement endogène de toutes les nations, le bien-être du monde entier et le concours à la paix requièrent une participation active de toute la communauté ;

CAECPD change d’appellation pour devenir Integrated Community Development Initiatives (ICDI), le 28 Décembre 2015. Son enregistrement légal eut lieu à Kinshasa, le 20 Septembre 2019 : Numéro JUST/SG/20/2898/2019 ; Accusé de réception numéro F.92/35.576.

En somme, ICDI fut initié par Monsieur Pascal CIRHUZA CHIHEBEYI, soutenu par une équipe dynamique des bénévoles soucieux du sort des groupes marginalisés et démunis, qui se sont solidarisés pour porter assistance à ces derniers en essayant d’améliorer tant soit peu leur bien-être social et économique. Il s’agit d’un groupe d’intellectuels de bonne foi et qui sont sensibles aux injustices, aux oppressions et à la discrimination, lesquelles du moins, restent les foyers des tensions qui divisent toute la communauté congolaise et dont bien des personnes sont victimes et plus particulièrement les enfants orphelins vulnérables, les jeunes à risque, les femmes et autres groupes marginalisés.

ICDI a pour ambition de mobiliser la communauté des pays de Grands lacs africains en général et celle de la République Démocratique du Congo en particulier ainsi que la communauté internationale (les enfants, jeunes, femmes, personnes vivant avec handicap physique ou mental, albinos et autres groupes marginalisés) autour de la thématique « action pour le bien-être de la communauté » afin de les aider à comprendre que leur avenir n’est pas subordonné au service des intérêts personnels des opérateurs politiques ou des groupes armés/milices ; mais plutôt et surtout au travail sans désemparé et assidu qui les rendra artisans de leur propre destin.

Ainsi, cherchant à capaciter la jeunesse, les femmes et les plus vulnérables, nous invitons humblement la communauté tant locale qu’internationale à nous rendre visite comme nous recherchons les voies et moyens pour partager des idées et nous restons ouverts à tout conseil.

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